Trois décennies se sont écoulées depuis la décriminalisation de l’avortement au Canada, mais des obstacles persistent. Ce fait est très préoccupant puisque l’avortement est une procédure très répandue qui fait partie intégrante d’un ensemble complet de services de santé génésique.

Action Canada pour la santé et les droits sexuels gère une Ligne d’accès nationale sans frais et accessible 24 h sur 24, qui offre de l’information sur la santé sexuelle et génésique ainsi que des références pour les options de grossesse. Ce travail nous apporte des renseignements privilégiés sur les obstacles spécifiques que des individus rencontrent dans la recherche de services d’avortement sécuritaire.

Plusieurs appels concernent des difficultés rencontrées dans l’accès à l’avortement sécuritaire. Les obstacles dont nous avons entendu parler à la Ligne d’accès incluent :

  • Être incapable de trouver des services à proximité
  • Devoir se déplacer (parfois parcourir des centaines de kilomètres, à cause de limites de gestation ou de l’absence de tout fournisseur)
  • Devoir payer les coûts liés au déplacement (ce qui peut inclure : services de garde d’enfants, soins pour aînés, heures de travail manquées, billets d’avion, essence, hébergement, repas, demande accélérée de passeport ou de documents d’identification)
  • Devoir payer les coûts de l’intervention comme telle (en raison de problèmes liés à la facturation réciproque entre certaines provinces, du statut d’étudiant international ou d’un statut d’immigration précaire avec couverture différée des coûts, de fournisseurs qui ne savent pas comment facturer leurs services ou d’un manque d’information quant aux points d’accès à des services sécuritaires en situation d’immigration irrégulière)
  • Être retardé par des fournisseurs de soins de santé ou des employés anti-choix qui agissent comme des gardiens de l’accès
  • Être retardé par délais d’attente dus à des exigences d’échographie, d’ordonnances de médecins, de tests obligatoires, etc.
  • Et bien d’autres choses…

Les obstacles à l’avortement affectent de manière disproportionnée les jeunes et les personnes marginalisées, en particulier les personnes à revenu faible, les personnes de couleur, les migrants ou réfugiés, les personnes ayant un statut d’immigration précaire et les personnes qui ne parlent ni anglais ni français. Et ces obstacles sont amplifiés dans les régions rurales et éloignées. 

Rendre l’avortement médical plus facilement accessible est une importante façon d’élargir les options en matière d’interruption de grossesse, ce qui pourrait avoir un impact considérable sur l’accessibilité de l’avortement au Canada. De fait, l’avortement médical, qui peut être réalisé plus tôt que l’avortement chirurgical, pourrait réduire le temps d’attente pour une procédure d’avortement chirurgical et les délais d’attente en général; il peut être offert aux personnes qui préfèrent éviter une intervention chirurgicale pour diverses raisons, et il pourrait être administré par divers professionnels de la santé comme des médecins de famille et d’autres professionnels comme des infirmier(ère)s praticien(ne)s, – ce qui accroîtrait l’accès à l’avortement dans les régions rurales et éloignées.

Le plaidoyer continu pour un meilleur accès à Mifegymiso est crucial. Joignez-vous à nous et passez à l’action (TAKE ACTION) pour que le Canada mette à profit le plein potentiel de Mifegymiso afin de répondre à des lacunes historiques dans l’accès à l’avortement d’un océan à l’autre.

Si vous avez des questions sur les options de grossesse et/ou êtes à la recherche de fournisseurs de services d’avortement dans votre région, téléphonez à notre Ligne d’accès nationale sans frais et accessible 24 h sur 24, au 1-888-642-2725; ou écrivez-nous à access@sexualhealthandrights.ca