Les Services de santé des Forces canadiennes (SSFC) sont le fournisseur de soins de santé désigné du personnel militaire canadien, fournissant des services médicaux et dentaires dans des installations militaires à travers le Canada et à l’étranger. Les SSFC offrent à leurs membres des prestations pour médicaments d’ordonnance et sans ordonnance, tels que définis dans la Liste des médicaments des Forces armées canadiennes (FAC). 

La décision d’inclure ou non un traitement dans la Liste des médicaments des FAC repose sur cinq principes. Le traitement doit :

  1. avoir une valeur thérapeutique appuyée par des preuves scientifiques;
  2. être nécessaire au maintien de la santé et du bien-être mental ou à la prévention des maladies, des blessures et/ou des incapacités;
  3. ne pas être offert exclusivement à des fins d’expérimentation, de recherche ou d’esthétique;
  4. être financé par au moins une province ou un organisme fédéral; et
  5. soutenir ou permettre le rétablissement de la santé d’un militaire à un état opérationnel efficace et déployable.

Mifegymiso répond à tous ces critères.

 

Obstacles à l’accès

Nous incitons le gouvernement fédéral à ::

 

En 2008, une étude étatsunienne a révélé que les taux de grossesse non planifiée étaient plus élevés dans l’armée que dans la population générale. Une étude de 2013 a signalé qu’un tiers des femmes militaires étaient incapables d’accéder à la méthode contraceptive de leur choix, lors de leur déploiement. Cinquante-neuf pour cent (59 %) n’ont pas parlé de contraception avec un fournisseur de soins de santé militaire avant leur déploiement et 41 pour cent de celles qui ont eu besoin d’un renouvellement d’ordonnance ont trouvé ce que service était difficile d’accès.  

Les facteurs qui rendent plus difficile pour les militaires d’obtenir les services de santé sexuelle et génésique nécessaires sont souvent les mêmes qui alimentent les taux élevés d’agression sexuelle et de harcèlement dans l’armée. En 2015, un examen externe sur l’inconduite sexuelle et le harcèlement sexuel dans les Forces armées canadiennes réalisé par Marie Deschamps, ancienne juge de la Cour suprême du Canada, a fait état d’un « environnement de sexualisation » propice à ce que « des incidents de harcèlement et d’agression sexuelle plus graves surviennent ». Parmi les membres des Forces canadiennes, les femmes étaient nettement plus susceptibles d’être victimes d’agression sexuelle ou de harcèlement – une militaire sur quatre ayant déclaré en avoir été la cible au moins une fois en carrière. Chez les victimes de sexe féminin, les supérieurs étaient souvent identifiés comme présumés auteurs des actes. Toutefois, les victimes de sexe masculin identifiaient le plus souvent un ou plusieurs pairs comme auteurs présumés.

Il est crucial de répondre à la violence sexospécifique et à son impact sur les membres des Forces canadiennes pour améliorer l’accès aux soins de santé, y compris aux soins de santé sexuelle et génésique.

1. Assurer l’accès facile, équitable et en temps opportun à un ensemble complet de biens et de services de santé sexuelle et génésique, y compris la couverture du coût de Mifegymiso.

2. Mettre en œuvre des mesures pour évaluer de manière plus exacte les taux de cas déclarés et non déclarés de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle; examiner les politiques et programmes éducatifs concernant la violence sexospécifique dans l’armée; et amorcer une réforme culturelle à grande échelle concernant le traitement des militaires de sexe féminin, trans et LGBQ.

3. Améliorer l’intégration des individus de populations marginalisées (y compris les femmes, les personnes trans et les LGBQ) dans les structures de leadership des FAC.

4. Mettre sur pied une agence indépendante afin de recevoir les signalements de conduite sexuelle inappropriée et de fournir du soutien aux victimes, en tant qu’élément d’une approche pour améliorer les mécanismes de réponse au harcèlement sexuel et aux agressions sexuelles.